Mon allaitement, entre douleurs et désillusions

Il faut bien l’avouer. Pour ce nouveau bébé, allaiter était bien plus qu’un choix. C’était un véritable objectif ! J’avais vraiment l’envie – et le besoin – de prendre ma revanche à prendre sur mon premier allaitement raté.

Pour rappel, A. et C. sont nées prématurées, avec des difficultés de succion/déglutition. Il fallait impérativement qu’elles prennent du poids : elles ont ainsi été nourries par sonde pendant 2 semaines, puis au biberon. J’ai été encouragée à tirer mon lait, ce que j’ai fait pendant 3 mois. Durant notre séjour à la maternité, puis au retour à la maison, j’ai tenté plusieurs fois de les mettre au sein, sans succès. J’ai donc pris sur moi de continuer à tirer du lait et à les nourrir au biberon avant de me lasser, fatiguée et un peu découragée par une lactation pas franchement florissante, il faut l’avouer.

Quand je raconte ce parcours avec mes aînées, les soignant.e.s que j’ai rencontré.e.s ont tou.te.s été bienveillant.e.s, en me disant que si, je pouvais considérer que c’était aussi un allaitement. Mixte et au biberon, mais quand même. Mais pour moi, allaiter, ce n’était, ce n’est pas ça.

Et la réalité n’est pas non plus telle que je l’avais imaginée. C’est vrai que je ne m’étais pas particulièrement renseignée sur le sujet durant ma grossesse. Je disais que oui, j’allaiterais, tout le monde trouvait ça bien et ça s’arrêtait là. Je pensais que ce serait simple, facile, inné. Que mon bébé trouverait comment faire, qu’il me guiderait, que je n’avais qu’à lui faire confiance. Clairement, j’avais une vision beaucoup trop édulcorée et idéalisée de l’allaitement.

Les premiers jours ont été extrêmement difficiles. Mademoiselle J. était pendue à mon sein en permanence et j’ai du faire face à des crevasses très douloureuses. Presque chaque tétée se terminait dans les pleurs. Les miens, ceux de mon bébé, pas vraiment satisfait. En plus de ça, elle s’endormait régulièrement au sein, épuisée par ses efforts, et il fallait la stimuler. J’étais globalement bien entourée par le personnel soignant de la maternité, venant observer la mise au sein et m’aider à bien positionner mon bébé, mais épuisée moi aussi.

Après la montée de lait, cela s’est un peu amélioré. J’avais toujours mal mais elle a commencé à reprendre du poids et c’était rassurant. Nous sommes rentrées à la maison au bout de 5 jours. Les tétées restaient douloureuses, et, quelques jours plus tard, quand la sage-femme est passée à la maison et je me suis décomposée : Mademoiselle J. avait perdu 100g alors qu’elle aurait dû en prendre autant. J’ai appelé la maternité pour contrôler son poids avec la même balance que celle utilisée durant mon séjour. La perte de poids fût confirmée. J’ai alors beaucoup douté de moi, de mon allaitement, de ma capacité à nourrir mon bébé. On m’a donné RDV avec une consultante en lactation, pour faire le point.

Je l’ai ainsi vue deux fois. Durant ces séances, les tétées se passaient bien, mais à la maison, seule, c’était différent. Comme si j’avais besoin d’un soutien pour allaiter dans de bonnes conditions. J’ai encore douté. J’ai aussi appris que j’ai un réflexe d’éjection fort. Mon lait coulant vite et presque tout seul, j’imagine que c’est grâce à ça a vite repris du poids même en ne tétant pas de façon optimale (d’où la douleur). Du coup, Mademoiselle J. s’étouffe régulièrement. Elle gère le flux de lait comme elle peut, faisant de longues pauses pour respirer. Les tétées s’éternisent et j’ai rapidement eu l’impression de ne faire que ça de la journée (et de la nuit !). On était bien loin de l’image dorée que j’avais de l’allaitement et l’atterrissage fût un peu rude…

Pour ne rien arranger, j’ai aussi dû faire face aux engorgements et aux canaux lactifères bouchés. Ajouté à la douleur toujours présente de mes mamelons durant et après chaque tétée, j’ai eu envie d’arrêter. Plein de fois. Mais j’ai persévéré malgré tout car je savais, je sais, que c’est bon pour elle.

Aujourd’hui, après 10 semaines d’allaitement, ça va nettement mieux. J’ai rencontré une médecin généraliste, spécialisée en allaitement. Une véritable fée qui a toujours su trouver les mots juste pour me rassurer, me remotiver. Sans nier la douleur ni les difficultés. Je sais que si j’en viens encore à douter de cet allaitement, elle saura se rendre disponible et m’écouter, me guider, m’aider à trouver les clés.

Ça aura pris le temps, mais les douleurs ont fini par s’atténuer, même si le soir, la fatigue aidant, il m’arrive encore d’avoir mal. Les tétées sont toujours très longues, trop à mon goût mais Mademoiselle J. grandit et grossit bien. Très bien même : elle prend en moyenne 50g. par jour et pèse désormais 6kg160. On est encore loin de cet allaitement magique que je m’étais imaginé mais j’arrive maintenant à lui trouver de bons cotés. C’est sûrement qu’on doit être sur la bonne voie !

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