Cette peur qui ne m’a jamais quittée

Tout au long de ma grossesse, il y a cette peur qui ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui, j’ai le recul nécessaire pour en parler, me dire que c’était presque irrationnel.

Car avant de tomber enceinte des jumelles, j’ai, comme de très nombreuses femmes, subi une fausse couche. Précoce certes, mais quand même. je ne m’étalerais pas sur le sujet, sachez seulement que cela reste un traumatisme et que cela a impacté ma grossesse du début à la fin.

D’abord, parce que j’en voulais un peu à Dieu (ou à je ne sais pas qui), de m’avoir repris ce futur enfant pour ensuite m’en donner deux d’un coup. Les premiers jours après la nouvelle ont été durs. Et puis, après la colère, c’est la peur qui a pris le dessus. J’ai repensé à cette phrase (lire ici) que m’avait dite le gynéco lors de l’échographie de confirmation de la grossesse et il était pour moi hors de question qu’un de mes deux enfants ne survive pas ou qu’il faille faire un choix.

J’ai changé de gynéco et je me suis fait finalement suivre à l’hopital de Poissy par le Pr. Rozenberg, spécialiste des grossesses à risque. Je l’avais déjà rencontré une première fois, pour faire un bilan avant d’arrêter la pilule, rapport à mes problèmes de thyroïde (note à moi-même : il faudra vraiment que je fasse un article là-dessus un jour !). Je savais que j’étais entre de bonnes mains. Malgré tout, j’ai passé plus de temps à m’inquiéter pour la santé de mes enfants qu’à profiter de ma grossesse.

Je savais que je vivais une grossesse à risque, même s’il y avait pire que moi. Les échographies mensuelles me rassuraient mais ne me suffisaient pas. Tant que je ne sentais pas mes bébés bouger, j’avais tellement peur de la mauvaise nouvelle à l’échographie suivante. ma peur se calmait pendant 2 jours puis revenait, jusqu’à la prochaine écho. Encore et toujours. Et puis, quand mes filles ont commencé à bouger et que j’ai pu les sentir, je paniquais presque dès que je ne les ressentais pas pendant une heure ou deux.

Et le plus dur dans tout ça, c’était de rester forte et de ne rien montrer. Parce que Chéri était stressé lui aussi. je n’ai craqué qu’une fois, dans le cabinet de la sage-femme qui me faisait des cours de relaxation. J’ai pleuré, j’ai parlé. Elle m’a écoutée. A la fin, elle m’a proposée de « me faire aider ». D’aller voir un psy quoi ! Elle m’a donné les coordonnées d’une psychologue sur Poissy spécialiste de la périnatalité. Je lui ai dit que je n’irais pas. Je n’y suis pas allée. Après tout, étant moi aussi psychologue (dans une autre branche mais quand même), je n’ai jamais ressenti le besoin et bizarrement, je n’ai pas vraiment confiance. Quelque part, j’avais aussi peur de ce qu’on pourrait découvrir (si tant est qu’il y ait quelque chose à découvrir !).

C’est suite à ce rendez-vous que j’ai été arrêtée. La fin de ma grossesse s’est déroulée à la maison, au calme (trop de calme !). J’étais toujours aussi stressée, jusqu’au jour J (qui a lui aussi été une belle source d’angoisse).

Aujourd’hui encore, même si mes filles sont en bonnes santé j’ai la boule au ventre dès que je les quitte. J’ai la boule au ventre quand je repense à ces instants. J’ai la boule au ventre quand je les revois dans leur couveuse, si petites, avec ces fils partout ! Et surtout, j’ai la boule au ventre rien qu’à penser qu’il puisse leur arriver malheur un jour.

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