Les handicapés doivent-ils vivre en rez-de-chaussée ?

J’habite dans un immeuble neuf.

Il a été construit selon les préceptes des normes NF machin-chouette et BBC. Il est normalement conçu pour accueillir des « personnes en situation de handicap ». Comprendre par là, les personnes handicapées de façon permanente en fauteuil) ou temporaire (avec une poussette double par exemple). Sauf que malgré tout, c’est mal foutu.

Alors oui. Les portes sont plus larges que la moyenne. Oui, j’ai des toilettes de plus de 2m2 (très pratique pour y manoeuvrer avec un fauteuil, nous on a aménagé l’espace supplémentaire en placard à produits ménagers !). Oui, le couloir de l’entrée est assez larges pour y « garer » la poussette et pouvoir passer à côté (en crabe, mais on passe quand même, sauf si on est enceinte, ahah !). Oui, les architectes ont surement suivi à la lettre les obligations de la norme. Mais ils ne se sont pas posés les bonnes questions.

Parce que si je vous parle de l’accès au parking, c‘est une autre paire de manche !

Alors ok, déjà, on peut y accéder par ascenseur, c’est bien. L’ascenseur est large, mais trop peu profond pour ma grande poussette qui n’y rentre qu’en diagonale (et donc qui prend toute la place !). Mais une fois sortis de l’ascenseur, pour accéder au parking, il faut d’abord passer par une première porte. Une porte bien trop proche : du coup, on doit ouvrir cette porte pour pouvoir sortir complètement de l’ascenseur, qui entre temps cherche à se refermer, sur la poussette donc (et un peu sur bébé aussi par la même).
Après avoir passé la fameuse porte, pas de répit ! Derrière, un couloir à angle droit avec à peine l’espace pour tourner. La plupart du temps, la manoeuvre se fait en cognant le mur de tous les côtés (le tout à reculons, dans le sens appartement – parking). Au bout de ce couloir, une deuxième porte qui mène enfin au parking, et un deuxième temps de manoeuvre à angle droit. Enfin, après avoir sué sang et eau (ou presque) on arrive au parking. Ah ! J’oubliais de vous dire qu’il faut utiliser une clé et la maintenir dans la serrure pour ouvrir la 2ème porte. Autant dire qu’il faut être carrément contorsionniste, ou avoir de très longs bras ! Et puis il y a la mini-marche entre la 2ème porte et le parking. Parce que oui, le sol du parking et le sol du couloir ne sont pas au même niveau. Logique.

Et c’est pareil pour entrer dans la résidence. Alors ok, c’est super sécurisé, mais c’est aussi super chiant. Un premier portillon à digicode, puis les portes d’accès au hall (avec code aussi). Comme pour la sortie de l’ascenseur au sous-sol, pas assez d’espace entre le portillon et la porte, donc il faut ouvrir le portillon, entrer à moitié, ouvrir la porte du hall et entrer complètement dans le hall. Sauf que bien sur, les deux portes d’accès ne s’ouvrent pas dans le même sens, ce serait trop simple. Elles ne se bloquent pas non plus. Ici aussi, il faut avoir le bras long (ou l’aide de gentils voisins compatissants qui tiennent l’une ou l’autre des portes). Et enfin une 3ème porte à code pour accéder au couloir. Heureusement que là, le hall est assez grand pour ne pas avoir à passer les deux portes d’un coup en bloquant tout le monde.

Et je ne vous raconte même pas les (trop) nombreuses fois où l’ascenseur tombe en panne. Ça a beau être neuf, c’est pas garanti tous les jours ! Avec en moyenne une panne par mois depuis avril, on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Et ça tombe souvent aux moments où on a absolument besoin de sortir (un RDV chez la pédiatre par exemple). Avec des coques de 12kg + des bébés de bientôt 7kg, autant dire que l’escalier (en colimaçon), c’est mission impossible !

Alors quand j’ai le malheur de me plaindre, on me dit que je n’avais qu’à « acheter un appartement au rez-de-chaussée ». Ben voyons. Parce que la solution c’est ça peut-être ? (en plus du fait que RDC ou pas, c’est pareil pour accéder au sous-sol ou entrer). Je pourrais aussi très bien ne pas sortir de chez moi jusqu’à ce que mes filles sachent marcher, je serais moins emmerdée. Parce que moi j’ai quand même la chance d’avoir des jambes valides, mon mari et mes filles aussi. Mais quand je pense aux personnes en fauteuil, je me demande comment elles réagiraient. Parce qu’on a un handicap on doit être condamnés à ne pas vivre en étage ? Tant pis si on aime avoir de la luminosité, les handicapés, au rez-de-chaussée ! Pourquoi pas directement dans le parking tant qu’à faire ? Y’a une rampe d’accès (pour les voitures, mais bon, à ce niveau là, on s’en fiche !) et plus de soucis d’entrée dans la résidence ou d’accès au sous-sol !.

Alors si les concepteurs prenaient un instant pour se mettre dans la peu de toutes ces personnes « en situation de handicap », peut-être que les choses seraient plus faciles pour tous et qu’on n’aurait plus à se farcir ce genre de réflexions débiles. (Ça marche aussi pour la DDE qui devrait repenser la circulation en ville et tous les abrutis qui se garent sur les trottoirs – mais ce sera l’objet d’un autre sujet).

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2 réflexions sur “Les handicapés doivent-ils vivre en rez-de-chaussée ?

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